C’est aujourd’hui, le 21 décembre 2016 que sort le film « Assassin’s Creed », issu de la licence de jeu vidéo Ubisoft du même nom. Annoncé depuis 2012, et repoussé à plusieurs reprises, le long métrage montre enfin le bout de son nez. Ne nous pouvions pas ne pas vous donner notre avis.

La reprise de la saga Assassin’s Creed

Le long métrage réalisé par Justin Kurzel et produit par Michael Fassbender nous conte l’histoire de Callum Lynch (Michael Fassbender) descendant d’une société secrète que l’on nomme les Assassins. Condamné à mort suite à un meurtre, il est repêché par Abstergo Industries, une entreprise plus ou moins scientifique et secrète, afin que sa mémoire génétique soit utilisée. Callum découvre alors grâce à l’Animus que son ancêtre est un Maître Assassin nommé Aguilar de Neshra. Le but de l’Animus créé par Sophia Rikkin (Marion Cotillard), est de scruter l’ADN et la mémoire génétique afin de s’octroyer les souvenirs des ancêtres de l’utilisateur. Sophia et son père Allan (Jeremy Irons) sont à la recherche de la « Pomme d’Éden », renfermant le libre arbitre de l’humanité, perdue durant l’inquisition espagnole il y a bientôt 7 siècles. Le fameux artefact fait partie des fragments d’Éden laissés sur terre par une civilisation ancienne et avancée technologiquement que l’on nomme « ceux qui étaient là avant ». La « Pomme d’Éden » permettrait selon Sophia de détruire la méchanceté et la violence de l’humanité, et souhaite grâce à celle-ci, guérir l’homme de ce mal comme on guérit une maladie. Sophia et Allan Rikkin font en réalité parti de « l’Ordre des Templiers », qui veut contrôler la population et la guider. Depuis des siècles l’Ordre mènent une guerre sans relâche aux Assassins qui eux prônent le libre arbitre.

Nous retrouvons donc parfaitement l’univers des jeux Assassin’s Creed, les fans de la saga ne seront donc pas perdus. Et cela va même plus loin car l’histoire de Callum est finalement très proche de celle d’un certain Desmond Miles dont l’ancêtre était Altaïr Ibn-La’Ahad, kidnappé par Abstergo. Le scénario est donc en parfait accord avec les œuvres originales signées Ubisoft, mais qu’en est-t-il du film en lui même ? Est-il un bon « Assassin’s Creed » ?

Du bon et du moins bon pour l’adaptation

Dans une adaptation, il y a forcément quelques modifications, et Assassin’s Creed ne fait pas exception. Néanmoins celle-ci sont utiles au récit et sont même nécessaires à l’aspect esthétique du film. La première scène du film nous plonge directement dans l’univers des Assassin’s Creed puisque nous nous retrouvons, en pleine inquisition espagnol, durant une cérémonie où le héros Aguilar se voit couper l’annulaire et prêter serment en récitant le credo : « Rien n’est vrai, tout est permis ». La deuxième chose à savoir, c’est que si vous êtes fan de la saga Assassin’s Creed, l’Animus vous fera forcément grincer des dents. En effet il ne s’agit plus d’une sorte table médicale sur laquelle on s’allonge pour ensuite procédé au transfert de la mémoire génétique. Ici Abstergo a bien évolué et modifié son Animus. Grâce à un bras mécanique attaché à la taille du « patient » et relié par un dispositif aux vertèbres cervicales (comme Docteur Octopus pour ses bras mécaniques) et ainsi au cerveau, l’Animus permet de reproduire les mouvements de l’ancêtre à travers son descendant, dans le but d’une meilleurs connivence entre les deux hommes. Mais ce n’est pas tout, l’Animus a également désormais un système de projection permettant aux personnes autour de voir ce que le « patient » voit. Oui c’est très différent de ce que l’on connait et forcément cela divisera les avis. Néanmoins, grâce à cette nouvelle technologie, le design du film se voit embelli grâce à des scènes d’actions en superpositions exceptionnelles ou l’ancêtre et son descendant ne font plus qu’un.

Admettons que cela est plus impressionnant qu’une personne somnolant sur une table. Mais cela révèle un gros problème du film, pourquoi aurait-on besoin de voir Callum quand c’est Aguilar que nous sommes censés suivre ? Et oui le film se penche d’avantage sur le personnage de Callum que sur celui de son ancêtre, le laissant se positionner au second plan. C’est donc l’histoire de l’Assassin moderne Callum qui sera le fil d’Ariane pour ce film et non l’histoire palpitante du Maître Assassin Aguilar. Néanmoins nous rentrons tout de même dans son époque et visitons à ses côtés l’Espagne du XVème siècle, avec ses bâtiments, ses gens, ses couleurs… Certain petits détails comme le saut de la foie ou les sauts dans la paille ou encore les séances d’escalade sur les plus grands bâtiments sont bien repris et feront sourire les joueurs que nous sommes. Dans le film « Assassin’s Creed », vous retrouverez également de merveilleux paysages panoramiques, accompagnés évidemment d’un aigle que l’on croisera à plusieurs reprises. D’ailleurs, nous suivons celui-ci, pour nous faire visiter en un clin d’œil l’Espagne de la Renaissance. A certains moments, nous nous sentions comme un Assassin au sommet de la plus haute tour de la ville, après avoir débloqué un point d’observation, symbolisé par la vision de cet aigle. Malheureusement, la vision d’aigle que possède tous les Assassins n’est absolument pas présente dans le film « Assassin’s Creed », ce qui est assez dommage, étant donné que c’est l’une des caractéristiques principales d’un Assassin.

Assassin's CreedEt d’un point de vue filmique ?

Il est vrai que si vous êtes un fan absolu de Assassin’s Creed, il est recommandé de ne pas y aller, car oui vous froncerez les sourcils. Cela dit le film est loin d’être mauvais, même s’il ne respecte pas parfaitement ce que nous connaissons des jeux de la saga, mais il n’en reste pas moins un bon film d’action. La bande son est parfaite, sur des tons hispaniques et parfois plus rock pour accentuer l’action. A vrai dire si ce film n’est pour vous pas un Assassin’s Creed, il fera tout de même l’affaire si vous voulez voir de l’action avec une intrigue intéressante et des acteurs performant. Fassbender est simplement parfait dans ce rôle, aussi bien en Callum qu’en Aguilar, nous retrouvons une Marion Cotillard fidèle à elle même, et un Jeremy Irons froid comme jamais. Le casting est donc efficace, l’action est au rendez-vous, la bande son est impeccable et l’esthétique du film est brillante. Simplement c’est le fan ou le profane en vous qui fera pencher la balance sur la qualité du long-métrage. On reprochera tout de même à la réalisation de ne jamais poser la caméra, et de ne pas profiter assez de l’Espagne de la renaissance ou simplement des costumes des différents personnages, pas le temps de prendre le temps.

Le film n’est donc pas un ratage complet, il est beau et efficace, les intentions de la réalisation sont claires, c’est un film d’action. Si vous êtes un véritable fan de la saga, vous serez surement un peu déçu par quelques choix scénaristiques, mais si vous réussissez à passer outre vous passerez peut-être un bon moment. Le film reste en soit un Assassin’s Creed correct et cohérent reprenant l’histoire des fragments d’Eden, et le conflit entre Templiers et Assassins.

Si vous n’avez pas encore vu le film, nous vous conseillons tout de même de regarder la bande annonce :

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