Après un petit détour sur le front de la guerre moderne avec le très bon Black Ops Cold War, la franchise Call of Duty passe de nouveau la main à Sledgehammer Games pour un retour au contexte de la Seconde Guerre mondiale avec Vanguard. Le retour au « boots to the ground » amorcé par l’opus WWII de 2017 était une excellente nouvelle après quelques opus futuristes lassant les joueurs, mais ce pan d’histoire a maintenant été usé jusqu’à la corde dans le jeu vidéo, et pas uniquement par cette IP. Les craintes lors de l’annonce de Call of Duty Vanguard étaient donc grandes, et à raison puisqu’on se demandait si les développeurs avaient encore quelques Jokers en main pour rendre cette nouvelle aventure assez originale.

Call of Duty Vanguard fait l’impasse sur Hitler

Le jeu se compose heureusement d’un mode solo, souvent bien emmené dans la série. Cette année, le joueur incarne une bande de soldats de diverses origines dans des évènements se déroulant juste après le suicide d’Hitler et la chute du troisième Reich. Cette toute petite troupe de soldats d’élite est amenée à enquêter sur le Projet Phoenix, un plan de secours nazi destiné à instaurer le quatrième Reich maintenant entre les mains d’un haut gradé de l’armée du Führer. Le concept est donc assez différent de ce que proposait WWII dans sa timeline et son approche narrative.

Après un coup raté, notre troupe de soldats se retrouve prise au piège par ce soldat nazi qui, se doutant que les Alliés soient déjà au courant de ce projet, décide d’enfermer nos protagonistes et des les interroger un par un. A partir ce moment précis, la narration prend une tout autre tournure. On passe alors d’un personnage à l’autre, au fil de leur interrogatoire, en revivant des flashbacks sur leur passé. C’est une idée bien étrange puisque l’on s’écarte alors de cette fin de conflit que le studio aurait pu exploiter et éviter de retourner dans la période 40-45 que l’on à retournée durant des années. De plus, Sledgehammer n’a visiblement pas accordé la même qualité de narration pour tous les membres, et ce découpage nous détache d’un personnage pour aller vers un autre, brisant un peu l’attachement à ceux-ci.

L’écriture est dans l’ensemble assez inégale et seul l’arc de Polina Petrova nous a paru le plus immersif. Même Arthur, le chef de cette équipe, ne dispose pas d’une histoire originale. Le studio se contente bien souvent de servir aux joueurs des objectifs déjà vus et revus dans ce genre de jeu. On doit faire une percée dans les lignes ennemies, s’infiltrer dans un Bunker, détruire l’artillerie lourde ennemie ou encore défendre une position.

Une bande de loups de guerres à l’intérêt variable

Pour diversifier son expérience et peut-être rendre les différents soldats uniques, les développeurs leur ont attribué des mouvements spécifiques qui ne sont pas non plus terribles. Arthur, le dirigeant, peut ordonner des ordres à son équipe, mais sans impact sur le scénario. Polina, elle, peut grimper aux murs à des endroits précis et bien mis en évidence par des briques qui dépassent et des bâches jaunes. Wade Jackson, pilote d’avion, a la possibilité de ressentir la présence ennemie pour se faufiler à travers les masses plus aisément. Ce sont bel et bien des capacités uniques, mais qui ne surprennent jamais tant elles n’influencent en rien le gameplay de manière originale.

Les histoires des personnages de COD Vanguard ne sont pas équivalentesHeureusement, tout n’est pas bon à jeter dans cette campagne de Call of Duty Vanguard. Le jeu comprend tout de même quelques séquences épiques ou émouvantes et l’aspect esthétique est franchement réussi malgré un moteur graphique qui commence à dater. Le jeu entrecoupe ses phases de gameplay avec de très belles cinématiques en images de synthèse posant aisément un ton lourd sur fond de guerre sanglante, quoique moins dramatique et cru que son prédécesseur.

Bataille autour de la Terre

Vanguard fait aussi voyager le joueur à travers différents fronts, depuis la France jusque Stalingrad ne passant par l’Afrique du Nord, Berlin et le Pacifique. La richesse des décors permet de s’évader et explorer divers environnements plus ouverts que d’habitude. Des lieux qui inspireront d’ailleurs les maps du mode multijoueur. D’autre part, même si l’on peut reprocher au titre de Sledgehammer un manque de renouvellement, certains moments clés du scénario savent surprendre. Si vous ne vous êtes pas fait spoiler par les bandes-annonces, il y a l’attaque aérienne sur Stalingrad dans l’arc de Polina qui dégage une intensité incroyable et provoque un moment de détresse alors que l’on s’enfuit par les toits de la ville. Oui, certains passages sont bien maîtrisés, propulsés par la bande-son prenante signée Bear McCreary (God of War, Black Sails, Outlander, …).

Sur PS5, les performances du jeu sont bonnes et on maintient une framerate de haute volée, sans doute grâce au moteur graphique qui ne pourrait pas faire souffrir nos consoles next-gen. Cette fluidité délivre par conséquent une technique permettant un gameplay plus nerveux, surtout lorsque l’on peut activer le mode 120Hz instauré depuis l’an passé pour la nouvelle génération.

Un multijoueur plus tactique que jamais

Le mode multijoueur a pris cette année une tournure un peu plus stratégique que d’ordinaire. Comme dans tout bon opus de la série, on retrouve tous les modes classiques du MME à la domination en passant par l’élimination confirmée ou encore la mêlée générale. Mais pour cette fois, Sledgehammer a intégré deux nouveaux modes à haute tension. Le premier est Champion de la Colline avec 4 maps exclusives à ce mode. Un joueur peut s’y lancer en solo ou en équipe avec 1 à 2 joueurs supplémentaires. C’est dans une map agencée en arène que ces équipes s’affrontent tour après tour. Lorsque les membres d’une même équipe sont tous morts, l’équipe perd un point de vie. Celle qui restera en dernier avec des points de vie restants gagnera la partie. Dès les premiers instants, l’immersion a pour nous été totale et la nervosité de cette nouveauté est excellente.

Les modes Champion de la Colline et Point Strétagique donnent du piment à l'actionLe second est intégré aux modes classiques. Point stratégique est une capture de zone mouvante forçant les joueurs à bouger à travers toute la map. La dynamique est donc différente et il devient difficile de défendre la zone ou de se cantonner dans un recoin de la map en pointant cette zone du viseur pour attendre les assaillants.

Un autre élément venant booster ce côté compétitif est la destruction du décor. Les fenêtres, les palissades en bois et autres éléments fragiles peuvent être détériorés avec des balles et des explosifs. On peut soit détruire tout un morceau de mur ou simplement créer une petite ouverture pour laisser se faufiler le viseur et rester un maximum à couvert. Cette mécanique nous rappelle forcément l’excellent Rainbow Six Siege d’Ubisoft, dans de moindres mesures bien sûr, mais l’ajout est tout de même très intéressant pour les matchs de petite envergure que propose Vanguard.

Les décors destructibles en multijoueur, c'est le top !Notons enfin la possibilité de sélectionner un rythme de partie. Que ce soit en tactique, assaut ou effréné, rien ne change mis à part le nombre de joueurs sur la carte. Autant vous dire que se retrouver sur Dôme avec 16 joueurs en mêlée générale a le don de nous mettre hors de nous, mais c’est justement l’objectif de ces rythmes. En revanche, les parties en tactique ne conviennent pas forcément à toutes les maps car les plus grandes délivreront des parties très lentes où le score maximal ne sera probablement pas atteint avant la fin du temps imparti. C’est donc en fonction des désirs de chacun que ce rythme devra être paramétré. Mais vous pouvez tout aussi bien laisser le hasard décider pour vous.

Quelques problèmes techniques à corriger

Cette année, le mode multijoueur n’est pas une grosse révolution, mais a le mérite d’apporter quelques éléments absents de tous les autres opus de la série. De manière générale, les sensations sont excellentes, tout comme la construction des 16 différentes maps de jeu. En revanche, il faut impérativement que Sledgehammer corrige au plus vite les problèmes de réapparition. Car ces points ne prennent visiblement pas en compte la proximité des ennemis et certains exploitent ce problème technique pour camper un point de réapparition et tirer dès qu’un ennemi apparaît…

Nous avons aussi noté quelques efforts à faire sur le sound design du jeu. Un souci que nous avions relevé dans la bêta et toujours assez présent, il est encore difficile de positionner l’ennemi, même avec un très bon casque. Tous les autres bruitages sont corrects sur la technologie audio 3D, mais anticiper un ennemi avec ses bruits de pas, s’il n’a pas activé l’atout nécessaire, semble primordial.

Enfin, un petit problème d’attribution de points d’expérience subsiste encore à l’heure où nous écrivons ces lignes. Rien de grave en soi, mais Vanguard a souvent du mal à afficher les points d’XP restants avant le niveau suivant, de même que le niveau réel qu’un joueur possède après être passé au niveau 1 de Prestige.

Un goût de trop peu dans le mode Zombies

Parlons aussi du fameux mode Zombies de ce Call of Duty Vanguard. Cette année, Sledgehammer a fait appel au studio Trayarch pour cette partie du jeu. Le studio derrière la série des Black ops peut ainsi poursuivre librement sa saga de l’Ether Noir avec une nouvelle histoire faite de runes antiques et de pouvoirs démoniaques.

Le mode Zombies de Vanguard trop pauvre au lancementAu lancement, le mode Zombies de Vanguard est très pauvre et surtout décevant, ne nous le cachons pas. Tout ce dont les joueurs auront droit avant les saisons de contenu est une sorte de mode défi où ils sont parachutés sur une map enneigée, face à des portails qu’il faudra emprunter pour être téléportés dans une autre zone afin d’y réaliser des objectifs simplissimes. Il s’agit d’escorter un totem, récolter des runes ou nettoyer des hordes de zombies. C’est donc un goût de trop peu qui nous reste dans la bouche puisque les bandes-annonces nous préparaient à un contenu prometteur façon Black Ops IIII avec de multiples secrets et un lore très intéressant. On espère donc que les développeurs ajouteront rapidement des secrets, des pouvoirs inédits et des mécaniques qui vaillent la peine de se plonger dans une véritable suite directe de Cold War.

Vanguard, ce n’est pas l’évolution espérée

Non, Call of Duty Vanguard n’est pas vraiment l’opus que l’on espérait. Déjà lors de l’annonce du contexte de la Deuxième Guerre mondiale, beaucoup de joueurs grinçaient des dents, exaspérés d’avoir ce pan d’histoire comme terrain de jeu depuis des lustres. Mais ce successeur de WWII n’amène au final pas assez de nouveautés pour parler d’un Call of Duty next-gen ou simplement un renouveau pour la série.

Le titre se contente du minimum avec quelques additions sympas au mode multijoueur, une campagne finalement trop classique et un mode zombie qui tarde à montrer ses projets pourtant prometteurs. Il ne serait pas surprenant de voir les joueurs se concentrer que le free-to-play Warzone et sa rejouabilité colossale, qui accueillera d’ailleurs un tout nouveau terrain de jeu ce 8 décembre prochain.

Il faut aussi que le studio travaille activement à l’équilibrage de son mode multijoueur sans quoi ils seront nombreux à déserter les lignes de front.

Points positifs:

  • Une campagne rythmée et graphiquement réussie
  • Un mode multijoueur complet et ses différents rythmes de parties
  • Une progression multijoueur sur plusieurs aspects
  • La personnalisation des armes au top

Points négatifs:

  • Un mode Zombies trop pauvre au lancement
  • Les réapparitions en multijoueur, une horreur qui engrangent des séries de Spaw kills chez les joueurs sans fair play
  • Toutes les maps multijoueurs ne sont pas adaptées aux trois rythmes de matchs
  • Les objectifs de la campagne auraient pu être plus originaux et surtout moins répétitifs


Fiche technique de Call of Duty Vanguard :

Éditeur : Activision | Blizzard
Développeur : Sledgehammer Games / Treyarch
Date de sortie : 5 novembre 2021 sur PS4, PS5, Xbox One, Xbox Series X/S et PC
Type : FPS
Multi : oui
Langue : français

RÉSUMÉ DU TEST
NOTE GLOBALE
7,5
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Fan des jeux vidéo depuis la première Playstation, et plus particulièrement depuis la sortie de Metal Gear Solid 1, j'ai maintenant décidé d'être un acteur à part entière de ce monde fascinant des jeux vidéo en créant 4WeAreGamers.

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