Fiche technique de Harley/Joker Criminal Sanity:

  • Prix : 29 EUR
  • Public : Adulte
  • Collection : DC Black Label
  • Date de sortie : 20 août 2021
  • Scénariste: Kami Garcia
  • Dessinateur: Mico Suayan, Mike Mayhew, collectif

C’est un peu plus d’un an après l’évènement Joker au sein du DC Black label que la VF de Harley/Joker Criminal Sanity nous parvient chez l’éditeur Urban Comics. Après un très bon The Joker : Killer Smile de Jeff Lemire et le one-shot Harleen, voyons si cet ouvrage a quelque chose de frais à nous offrir.

Profiler de renom, Harleen Quinzel est embauchée par le GCPD pour enquêter sur une vague de crimes particulièrement sordides. Mais elle est elle-même hantée par une affaire passée lorsque sa colocataire a été sauvagement assassinée par le tueur en série surnommé le Joker.

Premier constat, l’auteur ne reprend cette fois pas la traditionnelle histoire du prince du crime et de sa compagne déjantée. On intègre ici le GCPD à travers le Dr Harleen Quinzel, se faisant surnommer Haley Quinn, consultante engagée pour la résolution d’une vague de crimes inexpliquée. Dans cet ouvrage, le scénariste prend le temps de poser les bases de ce nouveau départ et n’oublie pas d’y intégrer le chevalier noir sous forme de clin d’oeil. Car ici, il n’est pas question de se focaliser une nouvelle fois sur le bat-justicier qui a d’ailleurs visiblement mieux à faire que d’enquêter sur les terribles crimes d’un dénommé Joker.

Concernant ce second pilier du récit, ne vous attendez pas non plus à une représentation fidèle du personnage. Encore une fois, on assiste à la renaissance de ses origines. Un pari fou que prend Kami Garcia et son excellente équipe de dessinateurs. Le criminel possède cette fois un nom et une identité forte puisque plusieurs flashbacks viennent entrecouper l’action pour bien poser les bases de sa folie meurtrière.

Un autre point essentiel du livre et qui, pour nous, s’avère être le plus intéressant, est que le Joker ne cherche pas ici à semer le chaos, mais voit en ses crimes une forme d’art. Du coup, tout le portrait du Joker se voit changé et Harley tentera de cerner le personnage qui semble, aux yeux de tous, un psychopathe parmi tant d’autres. Harley sert ici à décrire l’état d’esprit du Joker. En le suivant à la trace, elle parviendra à mettre le doigt sur des détails cruciaux pour rendre à ce personnage mythique une méthodologie inédite. Cette nouvelle vision du duo de choix est par conséquent très intéressante, pour autant qu’on puisse se détacher de tout ce qui a été fait autour d’eux durant des décennies.

L’écriture de ce comics Harley/Joker Criminal Sanity est de très bonne qualité. On ne tarde pas à s’immerger totalement dans le feu de l’action et nous n’avons distingué aucun réel faux pas, si ce n’est le fait d’écarter Batman de l’histoire en mettant clairement sur le tapis que Bruce à mieux à faire que ce pourquoi il a été créé, enquêter sur des meurtres. Mais quoi ? Nous n’en saurons rien. Il y a aussi une fin un peu trop abrupte, mais laissant tellement de portes ouvertes que nous ne serions pas déçus de lire une suite. Assez prévisible, celle-ci ne donnera pas le véritable point d’orgue attendu durant toute l’enquête, alors qu’il y avait tellement de potentiel.

Du côté de l’esthétique, Harley/Joker Criminal Sanity profite d’un déstabilisant mélange entre des dessins réalistes et des photos sur lesquelles on a appliqué un filtre « comics » pour le moins étrange. Nous avions un peu de mal à nous y faire lors des premières pages, mais les dessinateurs n’ont visiblement pas trop insisté sur l’intégration de cette technique puisqu’elle s’efface au fil du récit. Le reste est donc sur la lignée de ce que pourrait nous délivrer Lee Bermejo. La nocivité de Gotham, la nuit oppressante et les fulgurants échanges de regards des personnages donnent véritablement vie au récit. C’est un régal visuel pour tous les amateurs de réalisme. Les tons de noir et blanc façon Sin City sont très exploités, donnant un ton lugubre à l’ensemble du scénario.

Si nous devions donc résumer notre ressenti en quelques phrases, nous pourrions commencer par dire que Harley/Joker Criminal Sanity est surprenant par son mélange artistique lors du premier contact, mais le récit et les dessins sont assez travaillés que pour plonger le lecteur dans une enquête riche en rebondissements. Celle-ci manque peut-être un peu de surprises puisque certains faits sont relativement prévisibles. On aimera tout particulièrement l’aptitude des créateurs à remanier complètement l’origine des deux personnages tout en les développant d’une manière étonnante, assez profonde, avec une trame policière classique, mais efficace. C’est un incontournable pour les fans de Bermejo et d’enquêtes policières, mais les puristes pourraient avoir du mal à digérer la nouvelle facette de ce duo d’anthologie.

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