Passage à la nouvelle génération oblige, Hideo Kojima a tenu à transposer son ultime oeuvre, Death Stranding, sur PS5. Après 2 petites années passées sur la PS4 en fin de cycle, il était hors de question pour Sam et sa bande de se faire oublier si rapidement. Death Stranding Director’s Cut est donc disponible dès à présent sur PlayStation 5 en proposant diverses améliorations et contenus bonus. Une bonne occasion de faire une nouvelle traversée de l’Amérique ?

Death Stranding Director’s Cut, la version sublimée d’un chef d’oeuvre

Death Stranding Director’s Cut exploite le plein potentiel de la nouvelle machine de Sony. L’aventure est directement plus immersive encore grâce au « SSD magique » de la console qui retire énormément de temps de chargement. Ils étaient nombreux sur PS4, durant souvent près d’une minute. Désormais, il ne faudra qu’une pincée de secondes pour passer à une nouvelle cinématique ou un nouveau chapitre. Ces chargements éclair fluidifient ainsi l’expérience de jeu qui mise tout sur l’immersion.

À ce titre, la Director’s Cut profite aussi de nouvelles musiques. Cela diversifie ainsi les ambiances que l’on peut vivre lorsque Sam se perd dans de vastes contrées sauvages. Ce sentiment d’aventure, et fatalement d’être un peu livré à soi-même en attendant la reconstruction de l’Amérique, profite aussi pleinement de la résolution en 4K du jeu, des 60fps constants en mode performance ainsi que le HDR exploitant encore mieux la palette de couleurs de chaque paysage.

La DualSense n’est évidemment pas oubliée. Les gâchettes adaptatives accentuent la lourdeur des charges de Sam et les pas pénibles avec lesquels il martèle le sol. L’effet est assez bien retranscrit, mais varie peu en fonction du substrat du sol, ce qui est un peu dommage. Grâce à un casque compatible, les joueurs pourront aussi apprécier l’audio 3D insufflant un brin de vie aux magnifiques paysages de cette Amérique fictive.

Tout n’est pas rose

Le jeu dispose désormais de nombreuses missions secondaires, notamment en rapport avec Half-Life et Cyberpunk 2077. Des collaborations que l’on retrouvait sur la version PC de 505 Games. Il y a également le stand de tir qui permet enfin de se faire la main sur chaque arme. On retrouvera aussi de nouveaux outils aidant Sam à livrer ses cargaisons, dont certains faciliteront un peu (trop) le boulot. Parfait pour un second run, peut-être à éviter pour la première découverte.

Comme nous l’avions découvert avec les deux trailers de Death Stranding Director’s Cutil y a aussi des courses de véhicules. Les performances des joueurs sont enregistrées et intégrées dans un classement global, tout comme le score réalisé dans les cauchemars qu’il est enfin possible de rejouer depuis les abris. Il y a toutefois un sentiment un peu dérangeant à cet aspect de compétition. Death Stranding repose sur les concepts de partage, de reconstruction et de création de liens.Les ajouts compétitifs de Death Stranding Director's Cut sont finalement contradictoires

Du coup, voir des joueurs entrer dans cette dimension de compétition est assez bien en contradiction avec l’aventure de base, si bien qu’on se demande si Kojima n’a pas été poussé à les introduire pour gonfler l’offre de ce remaster.

Un jeu à s’en décrocher la mâchoire

L’un dans l’autre, Death Stranding Director’s Cut est de toute façon le meilleur moyen de découvrir la réalisation la plus singulière du papa de Metal Gear Solid. Encore à l’heure actuelle, le jeu reste l’un des plus beaux que nous ayons vu, même en incluant le catalogue PS5. Les paysages qui s’étendent à perte de vue sont époustouflants, l’ambiance y est tantôt apaisante, tantôt oppressante. Un mélange qui se marie de façon homogène pour former un jeu qui divisera toujours la communauté, mais qui heurtera de plein fouet la sensibilité de certains.

Test original


Tomorrow is in your hands

Malgré les nombreuses informations données par Kojima Productions et les nombreuses vidéos tâchant tant bien que mal d’expliquer aux joueurs le concept bien particulier du jeu, le scénario de Death Stranding reste encore pour beaucoup une énigme coriace. Mais il est nécessaire de l’expliquer aussi clairement que possible sans quoi cela pourra freiner certains joueurs à acheter le jeu et peut-être passer à côté d’une vraie pépite.

Le Death Stranding s’est abattu sur le monde. L’Amérique fictive dans laquelle vit Sam Porter Bridges s’est retrouvée confrontée au monde des morts et ceux-ci arpentent désormais les collines et vallées du jeu. Mais ce n’est pas la seule catastrophe apportée par cet événement puisque des néantisations ont littéralement englouti l’île de Manhattan et tué énormément d’habitants sur le continent, dévastant les villes au passage. Le monde post-apocalyptique dans lequel le joueur va évoluer est donc assez lugubre et parsemé de dangers.

Sam, un livreur atteint d’un symptôme étrange permettant de détecter ces échoués (les morts fantomatiques), va se retrouver mêlé à une histoire qui va l’obliger à reconnecter toutes les villes et refuges d’Amérique par un système mis en place par la société Bridges à laquelle la présidente elle-même est liée. Sam n’en a que faire des gens et encore moins de l’Amérique, mais c’est précisément pour la présidente, à qui il est relié depuis son enfance, qu’il fera ce sacrifice. Équipé de son BB et du Q-pidon, un collier permettant bourré de chiralium de rattacher les habitants américains au même « réseau chiral » que Sam donnera  à ces derniers une lueur d’espoir et de reconstruction. Ainsi, les habitants pourront échanger des communications plus facilement et même imprimer des équipements nécessaires à leur survie grâce à des machines spéciales alimentées par le « chiralium », une nouvelle matière première maîtrisée par les hommes et apparue après le Death Stranding.

Un BB pour les lier

Avec toutes ces bandes-annonces énigmatiques et surtout ce fameux bébé en bocal, vous vous demandez très certainement à quoi ce dernier pourrait bien servir. Il est vrai qu’observer un nouveau)né enfermé dans un bocal et accroché à la combinaison d’un livreur peut paraître totalement dingue et étrange. Et on vous donne raison! Cependant, vous comprendrez très vite tout l’intérêt de ce « BB ».

Il représente en effet un « brise-brouillard permettant à Sam d’être averti en cas de présence d’échoués, des âmes errant dans le monde des vivants suite à la catastrophe mondiale appelée le « Death Stranding ». Plus un échoué est proche, plus le petit outil accroché à Sam se mettra à battre de plus en plus vite jusqu’à s’éclairer en orange et tournoyer si la créature est à toute proche. Lorsque Sam est connecté à BB, il peut donc plus facilement contourner le danger. Cet enfant a été utilisé par la société Bridges pour ses facultés très spéciales et sa connexion avec le monde des morts. Il est donc très spécial et c’est aussi lui qui permettra à Bridges de connecter les différentes villes d’Amérique entre-elles pour former les UCA, les United Cities of America et ainsi rebâtir le continent.

BB, un acteur principal de Death StrandingUne lueur dans l’apocalypse

Le monde que propose Death Stranding est probablement le plus détaillé, varié et naturel que nous ayons pu voir. Il est évidemment tiré de la fiction et ne représente pas véritablement l’Amérique, mais Kojima Productions a su mettre en place un terrain de jeu extrêmement varié que l’on se plait à parcourir durant des heures. La fonction principale de Sam Porter est d’apporter des marchandises aux différents relais éparpillés sur le continent. Vous aurez donc assez bien d’occasions d’explorer le paysage et le niveau de détail incroyable du jeu. Que ce soit de grandes plaines, des zones rocheuses aux montagnes enneigées et passant par des déserts affichant des constructions en ruine, le jeu n’a cessé de nous époustoufler tout au long de l’aventure. Aucun aliasing, aucune erreur de texture ou de clipping, tout est surprenant de A à Z. Soulignons aussi les très bons effets d’intempéries alternant entre légèreté et puissance jusqu’à briser la ligne d’horizon et nous faire avancer à l’aveuglette. Death Stranding n’est toutefois pas un monde ouvert puisqu’il propose deux régions distinctes, dont la deuxième, très vaste, occupera les trois quarts de votre temps de jeu. C’est néanmoins plus que suffisant et vous vous rendrez très vite compte qu’il y a beaucoup à explorer et découvrir, sans jamais tomber dans la redondance. Le monde de Death Stranding dépasse de très loin nos attentes et est sans aucun doute le plus joli et détaillé que nous aillons pu voir sur cette génération de consoles.

Mais ce joli monde n’est bien évidemment pas sans dangers. Vous croiserez bien souvent des échoués, ces morts ayant encore un lien avec la vie. Les éléments permettant d’indiquer leur présence sont flagrants. Des précipitations fortes et l’enclenchement de votre radar (relié au fameux BB, d’où son intérêt) signaleront une zone dangereuse arpentée par ces échoués. Sam possède aussi le « Dooms » qui lui permet de les distinguer lorsqu’il reste immobile. Ce sera alors à vous d’y échapper en restant très discrets, en retenant aussi votre respiration pour ne pas vous faire repérer en cas d’échoué à proximité ou, au contraire, de les combattre de manière habile si les armes vous le permettent. Les échoués sont un peu à l’image des zombies de The Walking Dead. Ils sont omniprésents dans Death Stranding et occupent une place très importante dans le scénario, mais la confrontation n’est pas toujours nécessaire.

Prenez gare aux échoués dans Death StrandingA côté de ça, on retrouve les Mules, des livreurs en manque (véritablement!). Une fois que vous rentrerez dans leur périmètre, leurs détecteurs s’enclencheront et vous serez alors repérés. A vous de vous échapper ou de les neutraliser pour y échapper avec toutes vos marchandises. Dans le cas contraire, ce ne sera pas un Game Over, mais ils vous auront totalement dépouillé et vous devrez aller rechercher vos marchandises dans leur QG. Autant vous les éviter, cela évitera des pertes de temps pendant les livraisons!

Hideo Kojima sait qu’un monde évolutif est encore mieux. C’est pourquoi un système de constructions a aussi été mis en place pour que les joueurs puissent prendre leurs aises dans les moments plus difficiles de l’aventure. Le jeu passe donc par un système efficace de récolte de ressources pour construire des ponts permettant de franchir des cours d’eau; des tours de guet pour repérer les ressources, ennemis et colis environnants; des stations de recharge pour véhicules et prothèses; des espaces de stockage pour y ranger soigneusement  une marchandise que l’on ne souhaite pas perdre ou qui nous alourdit… Toutes ces constructions pourront être effectuées un peu partout sur la map tant que l’espace nécessaire est présent.

La météo n’est joue aussi un rôle primordial dans le jeu. Les pluies sont dangereuses. Pour les humains, et pour toutes ces structures et les colis. Ce n’est pas simplement de l’eau, mais des pluies de chiralium qui accélèrent le temps sur ce qu’elles touchent. Les gens vieillissent donc instantanément au contact de ces pluies, les constructions se dégradent, les véhicules et colis rouillent…  il n’est dès lors pas conseiller de traîner dehors en cas de forte pluie, ou pas trop longtemps du moins. Les effets de rouille progressive s’affichant petit-à-petit sur les véhicules et les colis que Sam porte est d’ailleurs d’une finesse incroyable, réaliste et d’une texture très naturelle. Après un certain laps de temps, les construction devront quant à elles être réparées. Pour cela, il suffira d’apporter un supplément de matériaux à celle-ci. Pour les véhicules, les entreposer simplement dans un abri les réparera instantanément.

De chiral et de sang

Si les vidéos ne le montraient pas explicitement jusqu’à la publication du trailer de lancement, Death Stranding comprend bien son lot de combats. La plupart du temps, il vous sera demandé d’éviter autant que possible de vous faire attraper par un échoué ou de ne pas tuer les Mules sous peine de créer de nouveaux échoués. En effet, à la mort d’une personne, son corps se transforme progressivement en cet amas de particules formant ces êtres dangereux de forme humaine.

Non, ce n’est pas de ce côté que les vrais affrontements ont lieu, mais plutôt dans les combats de boss. D’ailleurs, c’est précisément durant ces phases de combat que les fans de Metal Gear Solid y retrouveront un peu d’inspiration.  Étant donné que Sam possède un sang particulier affectant les créatures rencontrées, les munitions des lance-grenades, lance-roquettes, fusils d’assauts, armes de poing et autres se serviront de cette substance biologique. Tirer videra Sam de son sang, mais il sera possible de jongler avec des « poches de sang » à lui rattacher pour qu’il récupère un flux normal après avoir tiré. C’est un peu particulier, mais le sang de Sam représente un peu le chargeur qui ne doit jamais atteindre zéro sous peine de mort. Nous ne vous en dirons pas plus sur ces rencontres pour ne pas gâcher votre plaisir, mais elles offriront de purs moments d’action alléchants.

Notre test de Death Stranding garanti sans spoilLe partage avant tout

Si Death Stranding est avant tout une vaste aventure à déguster égoïstement, il comprend tout de même quelques fonctions multijoueur passives. Dès le début, le joueur est intégré dans un salon, joint par d’autres, mais avec qui il ne pourra jamais interagir directement. Tout l’esprit multijoueur du jeu passe par le partage de marchandises, les constructions et les livraisons.

Par exemple, si un joueur s’est fait attaquer par un échoué et a perdu en chemin un ou deux colis, il est possible qu’un autre joueur les aperçoive dans sa partie. Il peut alors les amener à bon port ou les confier à un relais pour gagner de l’expérience. Concernant les constructions de pont, tour de guet ou encore des routes dont nous vous parlions précédemment, les joueurs peuvent accélérer la construction en y apportant leur lot de ressources. Certaines d’entre elles nécessitent effectivement beaucoup de ressources qu’il faut porter. Cela peut être très long et fastidieux. Ainsi, le joueur peut tout à fait dépenser des ressources pour bâtir les fondations et laisser un peu de travail aux autres joueurs qui amèneront leur pierre à l’édifice. Au final, les constructions sont communes à tous les joueurs d’un même serveur, ce qui rend le partage très attrayant puisqu’il favorise la qualité de vie de chacun sur la map (déplacements en véhicule facilités, de meilleurs repères, chambres de repos dispersées un peu partout pour recharger sa vie et ses batteries…). Il est donc aussi très important de s’entre aider dans le jeu.

Une Pizza pour m’sieur Bridges, une!

Parlons enfin de l’enveloppe charnelle du gameplay et ce qui pourrait faire peur à certains. Le but premier de Sam est d’effectuer ses tâches de livraison quotidiennes. En tant que personne chargée de reconnecter les différentes villes entre-elles, il voyagera beaucoup, rencontrera pas mal de PNJ qui lui demanderont dès lors de porter des livraisons à droit ou à gauche. Cela peut s’agir de médicaments, d’armes, de vivres et autre. Et puisque Kojima San n’est pas sans autodérision, le jeu vous demandera même parfois de livrer des pizzas!

Une grosse partie des livraisons constituent des quêtes annexes, mais il faudra compter au minimum une à deux livraisons par quête principale. Plus le temps de livraison est raisonnable et la marchandise en bon état, plus le joueur engrange de l’expérience afin d’obtenir une meilleure stabilité à pieds, une plus grande facilité de transport, de plus grandes possibilités de partage avec la communauté… L’arbre de compétence de Death Stranding est assez particulier et apporte des atouts eux aussi passifs. Plus vous effectuerez de livraisons, moins elles paraîtront insurmontables. Il est possible aussi que certaines soient assez fastidieuses. Par exemple, les marchandises fragiles doivent être transportées à la main pour éviter les chocs. Du coup, si la distance est importante, cela peut prendre un certain temps. Autant être clair, il va falloir savoir apprécier le paysage du jeu si l’on ne veut pas s’ennuyer pendant les quelques grandes livraisons.

Au début de l’aventure, cet aspect de quêtes Fedex pourrait en refroidir plus d’un, et il nous aura d’ailleurs fallu quelques heures de jeu avant de rentrer pleinement dans le vif du sujet. C’est aussi pourquoi nous avons souhaité terminer le jeu pour délivrer notre avis. Pour parler franchement, ce n’est qu’au bout de 5 heures de jeu que Death Strandingcommencera petit à petit à dévoiler des éléments très intrigants de son univers. Plus on avance dans le jeu, plus cela devient intéressant. Il est donc nécessaire de s’armer de patience et prendre goût à la découverte pour se laisser charmer par le jeu.

explorer le monde de Death Stranding est un vrai régal visuelDeath Stranding est un jeu qui prend son temps pour faire découvrir au joueur tout son univers unique. Chaque élément pourtant essentiel à la compréhension de son concept se révèle au compte-goutte, et ce n’est qu’après quelques heures passées sur le jeu que l’on commence à prendre conscience de l’étendue de l’aventure et des enjeux encourus par l’Amérique, mais aussi l’humanité tout entière. Durant des années, Hideo Kojima a su démontrer son savoir-faire dans la réalisation de scénarios complexes et surtout très immersifs. Death Stranding n’en est qu’un autre exemple avec une thématique extrêmement profonde qui peut être perçue différemment en fonction du joueur. Relier les humains les uns aux autres après une catastrophe mondiale par le biais d’une technologie futuriste est déjà une belle amorce, mais les tenants et aboutissants de l’aventure Death Stranding feront irrémédiablement réfléchir le joueur sur différents points de vue concernant la façon dont les personnes pourraient communiquer, s’entre-aider ou manifester leur état d’esprit et leurs opinions dans un monde ou tout semble perdu.

Au-delà de cette ambiance post-apocalyptique réussie mêlant les morts aux vivants d’une façon très poétique, cette nouvelle franchise de Kojima Productions parvient encore une fois à proposer une expérience de jeu très dense, riche et inédite. La découverte est totale et c’est un réel plaisir de s’engouffrer dans ses contrées fictives afin d’y rencontrer des personnages marquants et enclencher des cinématiques plus époustouflantes les unes que les autres. Comptez facilement 50 heures de jeu pour boucler l’aventure Death Stranding, mais souvenez-vous que le jeu ne déballera pas toutes ses surprises dès le début, ce qui refroidira peut-être les plus impatients d’entre-vous.

Points positifs:

  • Du contenu bonus à profusion et réparti sur toute la longueur
  • Encore plus beau sur PS5 !

Points négatifs:

  • Le transfert de sauvegarde oblige l’installation du jeu PS4 sur PS5. Si on a revendu le jeu…
  • L’esprit compétitif de certains activités bonus en désaccord avec la thématique des liens et du partage du jeu

Fiche technique de Death Stranding Director’s Cut:

Éditeur : Sony Interactive Entertainment
Développeur : Kojima Productions
Date de sortie : 24 septembre sur PS5
Type : Aventure
Multi : fonctions communautaires
Langue : français

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