Wonder Woman 1984 était censé rythmer les rares sorties cinéma de 2020 dans nos contrées, mais Warner Bros. Pictures a finalement décidé d’opter pour un passage sur HBO Max pour directement proposer sa production en VOD, DVD et Blu-ray ce mois d’avril. Malheureusement pour les fans de l’amazone en Europe, le film ne sortira jamais au cinéma à cause de la pandémie de COVID-19 touchant rudement ce secteur. Ce 7 avril, l’héroïne revient donc pour un second film se déroulant en… 1984, soit après les événements du premier opus.

Synopsis:
Suite des aventures de Diana Prince, alias Wonder Woman, Amazone devenue une super-héroïne dans notre monde. Après la Première Guerre mondiale, direction les années 80 ! Cette fois, Wonder Woman doit affronter deux nouveaux ennemis, particulièrement redoutables : Max Lord et Cheetah.

Quand on vend l’actrice avant le personnage

Bien que le ton du premier film soit assez grave et bourré d’action, Wonder Woman 1984 change radicalement de direction. Pourtant toujours réalisé par Patty Jenkins, le film prend ici une image plus colorée et joviale, n’hésitant pas non plus à mettre en avant une note humoristique plus présente. Le DC façon Marvel fonctionne auprès du grand public, mais déplaît fortement aux fans de la première heure.
Méchamment décrié par la critique lors de sa sortie en salle aux États-Unis, Wonder Woman 1984 entre assez bien en contraste avec le reste du DCU et de ce qui a été fait auparavant. Les enjeux sont pourtant intéressants. Le film oppose cette fois l’amazone à Maxwell Lord et Cheetah, deux antagonistes emblématiques des comics et met sur table une catastrophe touchant la Terre entière. Non, ce qui cloche dans Wonder Woman 1984 n’est pas spécialement la trame, mais plutôt la réalisation du tournage et des effets spéciaux.

Wonder Woman 1984 se rattache aux codes Marvel

Le problème avec ce second film saute directement aux yeux. Dès les premières minutes, il est facile de se rendre compte que Patty Jenkins veut nous vendre du Wonder Woman sous toutes ses formes. Que ce soit dans les prises de vue ou dans l’attitude de Gal Gadot dans le costume de l’héroïne, rien ne colle avec tout ce qui a été réalisé auparavant. Wonder Woman se présente cette fois sous des airs de diva, faisant parfois penser à une princesse Disney venant au secours d’enfants en détresse.
Si nous nous penchons sur les effets spéciaux, c’est là aussi une belle gamelle de la part de Patty Jenkins. Le plus dérangeant reste l’utilisation intempestive du lasso par Wonder Woman. La physique et le fait de le sortir à n’importe quelle occasion sont assez agaçants. Durant ces scènes supposées être dynamiques, on peut clairement imaginer le câble auquel se suspend l’actrice, c’est très gênant.

Le syndrome de Game of Thrones

Comme tout bon film DC Comics, il y a bien entendu une bataille de fin. Même sans vouloir révéler les éléments principaux du scénario, il est aisé d’imaginer la confrontation entre Wonder Woman et Cheetah. Cette dernière est par ailleurs assez bien réalisée, mais la baston de fin subit le même effet que l’affrontement final de Game of Thrones. C’est sombre, brumeux et assez contradictoire avec tout le reste du film et de sa campagne marketing qui se veulent colorés et lumineux. Ce choix artistique est assez étrange et ne permet pas vraiment d’apprécier au mieux cette bataille qui au passage est assez courte quoique plus dynamique que tout le reste du film.
La conclusion est tout aussi décevante. Malgré les fortes valeurs morales de l’héroïne dans les comics, la façon dont la morale de l’histoire est présentée dans le cas de Wonder Woman 1984 est encore une fois très brute.

Une suite d’erreurs qui ne pardonne pas pour Wonder Woman 1984

La réalisatrice ne semble pas avoir vraiment capturé une image forte de Wonder Woman pour cette fois. C’est étrange au vu de ce qui a été fait avec le film précédent. Il s’agit ici d’une production mettant en avant l’actrice Gal Gadot plutôt que son personnage. À coups d’effets spéciaux bon marché, on nous vend des scènes molles, dopées avec une morale simpliste bonne pour des films Disney.
Le seul moment d’action véritable du film est de son côté gâché par une étrange décision de plonger le tout dans l’obscurité et l’usage d’une toute nouvelle armure finalement assez anecdotique. Quel dommage pour les fans du DCU qui se retrouvent avec un nouveau film dans la veine de Suicide Squad, copiant les codes de productions Marvel. Pour l’aspect sombre et brutal de l’amazone, on ne peut que vous conseiller le Snyder Cut de Justice League qui lui rend parfaitement hommage.
Une chose est sûre, c’est que Wonder Woman 1984 n’est pas véritablement une grosse catastrophe. Du moins, il est fort probable que le film rencontre son petit succès auprès d’un plus large public. Pour ce qui est de la copie Blu-ray 4K, Warner Bros. Pictures à une nouvelle fois vu les choses en grand.
Avec son univers tr!s coloré et une bande-son dont il peut se vanter, Wonder Woman 84 a tout de même le mérite d’envoyer du lourd sur nos écrans 4K. Avec un tournage en 4K natif, les scènes sont d’une fluidité et d’un niveau de détail exemplaire. Il bénéficie également du Dolby Vision, du HDR+ ainsi qu’une piste VO en Dolby Atmos pour du grand spectacle, ce qui rattrape légèrement la gaffe de Patty Jenkins. Cette démonstration de qualité rend particulièrement hommage aux costumes minutieusement élaborés, et donne presque vie à cette ambiance 80’s assez réussie.
Les bonus sont eux aussi convaincants. Le Blu-ray offre près de 100 minutes supplémentaires avec un long making-of de 35 minutes, des interviews avec les acteurs, la réalisatrice et même une version spéciale du trailer du film, remixé façon 1984. La version Ultra HD Blu-ray de Wonder Woman 1984 vaut donc bien son prix, d’autant plus qu’il existe une édition Steelbook parfaite pour ajouter à la collection.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here