Fiche technique de Batman – Curse of the White Knight :

  • Prix : 22,5 EUR
  • Public : 12+
  • Collection : DC Black Label
  • Date de sortie : 02 octobre 2020
  • Pagination : 288 pages
  • Scénariste: Sean Murphy
  • Dessinateur: Sean Murphy

Le premier tome était une réussite, pourquoi ce second ne le serait pas non plus? Batman – Curse of the White Knight débarque ce mois-ci en librairie et fait suite directe aux événements ayant opposé Jack Napier à Batman. Le héros est sorti affaibli mentalement de ce combat mené sur le terrain et en politique. Pourtant, Bruce n’est pas au bout de ses peines. Cette fois, ce sont les origines de sa famille qui sont mises sur le tapis. Les doutes s’accumulent, les indices se contredisent lorsque le dénommé Azraël, fou furieux à l’épée enflammée, déclare qu’Edmond Wayne aurait illégitimement mis la main sur Gotham en 1685 pour ne pas partager la ville maudite avec son acolyte d’autrefois, présumé descendant de ce malade.

Une suite des plus attendues

Le fléau Jack Napier est de nouveau derrière les barreaux, mais la sérénité est loin d’être de retour à Gotham, et encore moins au Manoir Wayne, où Bruce peine à retrouver équilibre et sérénité. Son pire ennemi n’a pas seulement ébranlé ses convictions et sa raison d’être, il a également durablement saccagé l’image de Batman et sa légitimité aux yeux des habitants de sa ville. La disparition d’Alfred n’est pas sans séquelle non plus, bien qu’elle laisse derrière lui un héritage inattendu : le journal d’Edmond Wayne daté de 1685, premier de sa lignée à s’être installé à Gotham et adversaire d’un certain Lafayette Arkham, dont les ossements ont été récemment découvert dans la cellule du Joker.

Remonter aux origines mêmes de Gotham est une excellente stratégie de la part de Sean Murphy. L’écrivain a su créer et enrichir ces fondements de manière très étonnante en proposant des retournements de situation crédibles et efficaces. Le livre débat constamment de la place qu’occupent les Wayne dans l’histoire de Gotham. Il y a une double situation; celles que tous les habitants de la ville connaissent et l’histoire cachée par d’obscurs drames passés.

On a aussi tout particulièrement aimé la situation de Harley Quinn, qui est ici l’une des versions les plus abouties du personnage. Harley dépasse clairement le stade de nunuche aux bottes du Joker pour assumer son indépendance et le fait qu’elle peut elle aussi jouer un rôle important dans cette nouvelle problématique mêlant la dualité Joker/Jack Napier qui ne cesse de s’autocombattre.

Une intrigue efficace, un déroulement violent et sombre

Mais contrairement au premier livre, Batman – Curse of the White Knight use beaucoup moins de cette thématique politique. C’est un peu dommage, car c’est ce qui faisait de White Knight un ouvrage unique en son genre dans l’univers du bat-justicier. Seules restent néanmoins les répercussions du combat de Jack Napier contre les interventions violentes de Batman. Le héros a vu son image entachée et vit à présent une nouvelle situation épouvantable où Azraël débarque avec une haine démesurée. Mais tous les éléments s’imbriquent pourtant très bien les uns dans les autres, et ce deuxième tome donne une nouvelle direction au scénario sans salir le travail déjà accompli.

Une belle démonstration artistique

Batman – Curse of the White Knight, c’est aussi un livre assez violent et qui a totalement sa place dans la collection Black Label d’Urban Comics. Le sang fuse et les morts ne se comptent plus sur les doigts d’une main. C’est un récit très osé, Sean Murphy s’assume totalement au risque de froisser certains esprits avec des choix aux lourdes conséquences. Les dessins sont également une réussite, on avait aimé l’esthétique de White Knight. Ce deuxième livre continue ce travail très propre, mais on ne peut s’empêcher de penser que certains dessins ne plairont pas à tous. Il y a par exemple certains visages aux traits très anguleux, les planches sont en général bourrées de traits secs, signe distinctif des dessins de Sean Murphy.

Malgré tout, l’écrivain met ici en œuvre toutes ses qualités artistiques en donnant naissance à une saga qui restera longtemps dans les mémoires et qui ose casser les codes pour proposer son concept particulier. C’est donc un nouveau succès pour Curse of the White Knight qui nous donne de la lecture de grande qualité. Le scénario est réfléchi, l’énigme est très bien ficelée et ne laisse pas immédiatement entrevoir tous ses secrets, empêchant même le lecteur de deviner l’issue du débat.

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