Gemini Man est une nouvelle vitrine technologique pour le réalisateur Ang Lee qui n’en est pas à son premier coup d’essai. Après avoir remarquablement donné vie à de superbes effets spéciaux dans L’Odyssée de Pi ou même Tigre et Dragon, l’homme s’attèle cette fois à dupliquer un acteur au sein d’une même production cinématographique. De plus, la version Blu-ray 3D de Gemini Man propose une fréquence d’images inhabituelles plafonnée à 120 par œil. Il s’agit du second film de l’histoire du cinéma à proposer ce rendu hyperréaliste, peut-être trop aux yeux de certains.

Une chose est sûre, c’est qu’il ne s’agit par du premier film à tenter cette perspective. Cela dit, couplé aux images de synthèses appliquées pour la doublure jeune de Will Smith, cela peut créer quelques compris. Pour ce qui est de la version 4K, le format ne permet pour le moment qu’une fréquence maximum de 60 fps (ratio 1.85), ce qui n’est déjà pas mal.

Gemini Man veut délivrer du grand spectacle

Premièrement, nous pouvons directement noter une certaine perte de crédibilité dans les scènes d’explosion due à la fréquence d’images. Le tout donne rapidement une sensation de making-of faisant sortir le spectateur de son immersion. C’est très étrange, mais cela permet en tout cas de se rapprocher au maximum des acteurs et de leur jeu.

En somme, les 60 images par seconde du 4K de Gemini Man nous délivrent la sensation d’être sur le plateau de tournage. Cela donne beaucoup de vie aux dialogues et interactions entre personnages. Hélas, ce concept colle encore mal avec le genre Action. À moins bien sûr de proposer quelque chose de très différent à la manière de Hardcore Henry. Ce dernier se déroulait entièrement en vue à la première personne. Dès lors, on avait la sensation que tout ce qu’on voyait à l’écran était filmé à la Go Pro. C’était une expérience à vivre une fois, mais qui reste malgré tout très en retrait par rapport à ce qui se fait habituellement. Dans le cas de Gemini Man, le double d’images par seconde ajoutée n’est pas vraiment justifié. Cela donne la sensation que le film se passe en plusieurs temps.

Un double presque parfait

La seconde tentative technologique de Ang Lee pour Gemini Man est de reproduire au mieux une version jeune de l’acteur et de faire face à ce dernier dans un même film. Il fallait alors que cette doublure synthétique soit extrêmement réaliste. Will Smith a donc porté ses traits pour le motion capture. Au final, qui peut jouer incarner aussi bien Will Smith que lui-même?

Le rendu est en tout cas très convaincant. Les couleurs de visage et les jeux d’éclairages sont très naturels. Nous avions déjà pu constater l’avancée technologique sur ce plan avec la séquence de l’acteur Peter Cushing, décédé en 1994, reproduit de cette façon pour les besoins de Star Wars Rogue One.  Cela donne ainsi véritablement vie à un deuxième Will Smith.

Paris réussit, donc? Hé bien dans un sens, pas totalement. L’alliance de la fréquence d’images et de cette doublure donne un effet plastique aux mouvements du personnage. Prenons en exemple la séquence où le jeune Will Smith réalise des acrobaties offensives sur sa moto. Les mouvements paraissent très secs, vifs et franchement peu naturels. Peut-être cet effet serait-il moins présent dans une version à la fréquence standardisée? Probablement.

Ensuite, nous avons aussi remarqué les imperfections de cette technique lors d’une scène finale, alors que nos acteurs baignent dans la lumière du jour. C’est précisément à ce moment que l’on peut faire le rapprochement entre le jeune et une cinématique de jeu vidéo. Il y a quelque chose dans les mouvements de la peau et même l’apparence des mains qui nous font réaliser que c’est purement synthétique. Ce n’était pas faute d’avoir essayé.

Un scénario en arrière-plan

Gemini Man est très intéressant sur le plan technique, plus pour la doublure de Will Smith que pour sa fréquence d’image. Ceci dit, associé à un scénario assez moyen, cela ne lui rend pas forcément service. Tout semble ici reposer sur le fait que le réalisateur avait quelque chose à prouver dans le milieu du cinéma. La trame se contente hélas d’opposer les deux Will encore et encore dans des scènes d’action ou sentimentales qui auraient pu être plus immersives.

Faute d’un contexte peu convaincant expliquant l’intervention subite du clone de l’acteur dans le scénario, on ne parvient jamais vraiment à se plonger dans cet aspect sentimental. Cela n’est pas non plus aidé par l’interprétation assez moyenne de certains personnages dont l’antagoniste principal, Clay Verris (Clive Owen) de surcroit mis en arrière-plan.

Gemini Man est définitivement une vitrine technologique appuyée par le charisme indéniable de Will Smith. C’est vraiment dommage que le réalisateur ne ce soit pas concentré davantage sur l’écriture du scénario qui manque clairement de substance. Cette production est donc un assez oubliable, mais qui vaut le coup d’œil pour les deux raisons citées en début de chronique.

Une version 4K qui en jette un max

Fort heureusement, la version Blu-ray 4K de Gemini Man est de très bonne qualité. Sur le plan des couleurs, nous assistons à quelque chose d’explosif. L’étalonnage Dolby Vision aide à délivrer des scènes plus claires et nettes. Ce qui se passe à l’écran est par conséquent dynamique et naturel. Nous avons particulièrement apprécié le niveau de détail lors des séquences remplies de flammes ou d’explosions. La définition de l’image est très précise. La fréquence d’images fait que les mouvements sont très fluides et aide bien sûr à ce rendu époustouflant. Pour sa part, la bande-son est de son côté moins flexible. La VF n’est proposée qu’en Dolby Digital 5.1. Il faudra passer sur la VO pour profiter d’un master Dolby Atmos précis et délivrant un maximum d’effet lors des scènes d’action.


SITE OFFICIEL DE GEMINI MAN


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