Fiche technique du Batman qui rit:

  • Prix : 22,5 EUR
  • Public : 15+
  • Collection : DC Rebirth
  • Date de sortie : 15 novembre 2019
  • Pagination : 240 pages
  • Scénariste: Scott Snyder
  • Dessinateurs: Jock
  • Contenu vo: The Batman Who Laughs #1-7 + Batman The Grim Knight #1

En 2019, Scott Snyder savait qu’il est l’une des starlettes de DC Comics. Et pour cause, l’homme est en grosse partie à l’origine d’une des séries Batman ayant le mieux marché ces dernières années. Et ceci tant dans le domaine des comics que sur un aspect plus commercial, Batman Metal. Suite à la sortie de cette trilogie mémorable, nous avons pu voir se multiplier les produits dérivés autour des versions plus sombres de notre bat-justicier. DC s’est par conséquent frotté les mains et a commandé auprès de l’écrivain encore plus de contenu autour du multivers noir, fraîchement créé, et son personnage central, le Batman qui rit. C’est de cette envie de succès qu’est né le comics éponyme supposé délivrer encore plus de substances aux aventures les plus ténébreuses de Batman. Mais la surexploitation d’un personnage aussi bien pensé et amené que ce nouvel ennemi est-elle saine?

Un Batman qui rit est un Batman qui gagne toujours. Après les événements de Batman Metal, épuisé et blessé, Bruce Wayne doit cependant se préparer à l’irruption de nouvelles menaces au sein de l’univers DC. Le Chevalier Noir découvre avec stupéfaction que Le Batman Qui Rit a survécu à son affrontement avec le Joker et qu’il planifie une nouvelle stratégie susceptible de déséquilibrer le Multivers. Pour venir à bout de cette sombre version de lui-même, Batman devra peut-être briser sa seule règle inviolable…

Mais qui rigole vraiment?

L’écriture cette fois entièrement livrée à Snyder est ici en dents de scie. Bien sûr, nous pouvons souligner beaucoup de qualités dans le gros du scénario, notamment le fait que Scott Snyder fait des parallèles intéressants entre l’existence même de Batman et le petit mammifère qu’est la chauve-souris. Mais lorsqu’on se penche sur le détail, certains chapitres tirent fortement en longueur avec des dialogues semblant ne mener nulle part.Le Grim Knight n'apporte rien au scénario Qui plus est, l’introduction du Grim Knight, une version très radicale et armée jusqu’aux dents de batou, n’ajoute pas grande valeur au tout et se révèle assez maladroite par manque d’exploitation de son contexte. L’épisode Batman The Grim Knight #1 qui lui est consacré donne la sensation d’avoir été rapidement expédié comme pour ajouter rapidement un nouvel élément au Batman qui rit afin d’éviter une certaine linéarité.

Parlons aussi du fait que le Batman qui rit est dans cet ouvrage rendu très humain. Alors que la série Batman Metal lui donnait un certain côté mystique et sombre, tout droit sorti des ténèbres elles-mêmes, ce présent comics désacralise d’une certaine manière le personnage. Il lui fait prendre les armes et le place même dans des affrontements physiques, ce qui ne colle finalement pas vraiment avec son aspect maigrichon. On aurait peut-être préféré un Grim Knight présent sur le terrain et un Batman qui rit plus manipulateur, agissant dans l’ombre en y incrustant quelques éléments de psychose en arrière-plan. Mais là aussi, Le Batman qui rit semble entremêler les concepts de Scott Snyder sans prendre la peine de les fusionner.

Quand le visuel fuit la monotonie

Il en va de même sur le jeu de couleurs appliqué au texte. A titre d’exemple, nous pourrions discuter longuement de la décision artistique de mettre certaines lettres en blanc ou en rouge dans une phrase. Cette idée sert à marquer l’hystérie de Batman lors de son affrontement contre son nouvel ennemi sorti du multivers noir. un constat qui s’applique aussi à l’utilisation d’un texte noir surligné de rouge sur fond noir, ce qui le rend carrément illisible. On a du coup la mauvaise sensation de manquer certaines informations lors des monologues de Batman, c’est bien dommage.

A contrario, le travail de Jock sur l’aspect visuel du bouquin est intéressant. Très souvent, l’artiste joue avec le concept de la visière du Batman qui rit et tord tout le décor, y applique un rouge flamboyant et des formes exagérées, voire incisives. Cela donne au tout un aspect de tourmente omniprésent, tout comme l’apparence de Batman qui se dégrade au fil des pages.

Que voit réellement le Batman qui ritQuand le succès commercial empiète sur la créativité

Dans son concept, le Batman qui rit bénéficie d’une base solide créée à travers la trilogie des Batman Metal, mais donne perpétuellement la sensation d’une aventure qui se prend trop au sérieux et qui tente de convaincre le lecteur de sa crédibilité. C’est d’ailleurs probablement la raison pour laquelle l’auteur s’appuie énormément sur l’univers qu’il a créé autour du chevalier noir en appliquant ci-et-là des références à ses créations passées.

Cet ouvrage n’est pas mauvais en soi, mais il est à lire avec une certaine décontraction intellectuelle. Visiblement, la volonté de Scott Snyder était de délivrer une suite solide à Batman Metal. Il y exploite au maximum un personnage qui a marqué l’univers DC Comics et a tout cassé commercialement.

Malheureusement, tout semble assez artificiel et uniquement créé dans le but de donner vie aux fantasmes des fans de ce nouvel antagoniste. Les planches colorisées par David Baron sont rougeoyantes, modérément sanglantes, parfois psychédéliques, lugubres. Elles retranscrivent pour finir une narration qui part en vrille assez tôt tout. En effet, Scott nous ert coup bas sur coup bas entre Batman et son opposant avec la présence d’un Grim Knight qui n’y a pas vraiment sa place. In fine, Le Batman qui rit s’adresse avant tout aux fans de bastons débridées et de personnages psychopathes. Au contraire, si les histoires très terre-à-terre comblent vos attentes, vous pourrez aisément passer votre chemin sur celui-ci.


SITE OFFICIEL DU BATMAN QUI RIT


RÉSUMÉ DU TEST
NOTE GLOBALE
7
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Fan des jeux vidéo depuis la première Playstation, et plus particulièrement depuis la sortie de Metal Gear Solid 1, j'ai maintenant décidé d'être un acteur à part entière de ce monde fascinant des jeux vidéo en créant 4WeAreGamers.

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