Adaptation télévisée de la célèbre saga de thrillers The Purge (American Nightmare), cette série débarque sans crier garde avec une sortie plutôt discrète, mais un concept qui peut fort heureusement être exploité de multiples façons. Bien que les faits ne soient pas une suite directe aux films et que le casting soit entièrement renouvelé, tout se passe dans le même univers et la série reprend d’ailleurs quelques codes établis par l’univers cinématographique.

Synopsis
La population se prépare à la nuit cauchemardesque instituée par le gouvernement pour faire face à la criminalité. Durant une période de 12 heures, une fois par an, les citoyens peuvent se livrer à tous les crimes, même au meurtre, sans craindre une intervention de la police ou une quelconque poursuite. Bourreau ou victime ? Chacun doit faire son choix…

Une nuit commune à tous

Cette première saison suit principalement deux binômes et une femme d’affaires que tout oppose et qui feront varier le rythme des événements. D’une part, nous avons Gabriel Chavarria dans le rôle de Miguel qui tente désespérément de retrouver sa petite sœur Peneloppe (Jessica Garza) disparue la nuit de la Purge. Miguel sait que la petite est déstabilisée depuis le meurtre de ses parents durant la toute première nuit de Purge organisée dans son pays, ce qui fait d’elle une « martyre originelle ». Miguel, membre des Marines tout juste revenu de mission ajoute une bonne dose d’action dans la série, car il est prêt à tout pour retrouver Peneloppe, mais à quel prix? The Purge nous invite d’ailleurs constamment à nous demander jusqu’où ces personnages seraient prêts à aller pour sauver leur vie, et le jeu est d’ailleurs prenant puisque l’on en vient à se demander à soi-même ce que nous ferions dans un tel cas. S’en suivra donc une flopée de scènes de brutalité et des rencontres qui ne présagent rien de bon pour ce premier binôme.

D’autre part, nous suivons les péripéties du couple Rick et Jenna, respectivement incarnés par Hannah Emily Anderson et Colin Woodell. Leur situation entre assez bien en contraste avec les deux protagonistes précédent puisqu’ils agissent directement dans les hautes sphères de l’Assemblée des Pères Fondateurs. Bien qu’ils ne soient pas des adeptes de la purge annuelle, Rick et Jenna devront côtoyer les responsables de cette loi pour tenter de financer un projet de toute une vie, celui de construire des lotissements pour les plus démunis. Leur soutien financier est effectivement un atout de taille pour le début des travaux. Et comme si ce n’était pas déjà difficile pour notre couple qui ne se sent pas à leur place durant une soirée de la « NFFA » (comprenez par là les nouveaux pères fondateurs) organisée à l’occasion de la Purge de l’année, un ancien fantôme à l’origine d’un événement qui aurait pu briser leur amour refait surface, ce qui va les tourmenter et faire travailler leur esprit critique face à cette pratique inhumaine qu’est de purger.

Enfin, Jane (Amanda Warren), est le symbole d’une femme forte, ambitieuse, mais persécutée et en proie aux prédateurs sexuels qui sévissent durant ces nuits. Elle est un élément solide qui va permettre aux scénaristes d’ajouter encore plus d’atrocités aux événements. Depuis le début de sa carrière, Jane sent en effet que quelque chose cloche avec son patron qui semble avoir un faible pour les femmes quitte à les mettre mal à l’aise. La purge pourrait être une option pour remédier à ce problème bien sûr, mais le personnage d’Amanda Warren à beaucoup d’honneur et devra mûrement réfléchir avant de se décider de passer à l’acte.

Globalement, l’ensemble de la série tient énormément de la quadrilogie de films et ne déstabilise en rien le spectateur ayant déjà pris connaissance de l’univers précédemment établis. Les objectifs des deux binômes se contrastent assez bien pour faire osciller le scénario entre des scènes relativement différentes donnant de temps à autre un peu de répit au spectateur, mais leur objectif est tout de même commun: survivre à cette nouvelle nuit de cauchemar tandis que Jane devra vaincre ses démons intérieurs pour se prouver qu’elle vaut mieux que tous les participants de la purge. Étant donné que les réalisateurs bénéficient de plus de temps pour narrer les déboires des personnages, cela leur permet avant tout de plonger en profondeur dans leur contexte et mieux exploiter le côté psychologique.

Le bal costumé de l’Amérique

Cela ne retire évidemment pas le charme de cet univers American Nightmare mettant en place de très nombreuses scènes de violence, mais sans jamais en montrer de trop. C’est d’ailleurs ce que pourraient peut-être reprocher certains fans à cette série, à savoir le manque de sang puisque la caméra fuit tout ce qui pourrait choquer le public.

Cela affecte bien sûr l’ambiance générale, balançant davantage sur le glauque que le gore, notamment grâce à une panoplie de déguisements plus originaux les uns que les autres. Pour cette nuit de purge, les Américains se sont visiblement donné beaucoup plus de mal qu’à Halloween pour effrayer les passants, et cela a d’ailleurs toujours été l’image de marque de l’univers cinématographique. Des têtes de mort en néon, des Nonnes déformées, des masques de cochon ensanglanté… on assiste à un véritable défilé tout au long de la dizaine d’épisodes.

Ce n’est bien sûr pas tout puisque le casting n’est pas moins convaincant, surtout du côté féminin avec Amanda Warren dont le talent a déjà été démontré dans House of Cards, mais aussi Black Mirror et New York: Unité Spéciale. Lili Simmons, élément perturbateur de notre deuxième binôme, est quant à elle apparue dans Westworld, Banshee et New York: Unité Spéciale également. Ce ne sont donc pas des amateurs puisque la plupart peuvent déjà offrir un CV en béton grâce à des rôles télévisés assez variés.

The Purge Saison 1 devrait donc ravir les fans de la quadrilogie. On y retrouve tous les éléments de tension des films avec une durée qui permet au scénario de s’étoffer sur le plan psychologique. Regarder défiler les méthodes avec lesquelles les participants de la purge vont faire souffrir les autres est un élément pouvant rapidement s’essouffler et ennuyer le spectateur et c’est typiquement ce que Thomas Kelly et  James DeMonaco, réalisateurs, ont compris. La tourmente psychologie des personnages exploités est essentielle au divertissements de ces épisodes et la variété de provenances de ceux-ci va délivrer une belle gamme de façons de penser. Arguments et contre-arguments en faveur de la purge ou non vont ainsi virevolter à travers les horreurs de cette nuit cauchemardesque que les spectateurs et amateurs de thrillers risquent de ne pas oublier, même si cette série ne révolutionnera pas la franchise en soi.


SITE OFFICIEL DE THE PURGE (SERIE)


 

APERÇU DE REVUE
NOTE GLOBALE
7,5
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Fan des jeux vidéo depuis la première Playstation, et plus particulièrement depuis la sortie de Metal Gear Solid 1, j'ai maintenant décidé d'être un acteur à part entière de ce monde fascinant des jeux vidéo en créant 4WeAreGamers.

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