Comme chaque amateur de manga le sait, c’est lors du début du mois de juin que se tient la célèbre Japan Expo à Paris. Pour l’occasion, nous avons eu la chance grâce à nos contacts de chez Pika Édition de rencontrer et interviewer le créateur du manga français Everdark, Romain Lemaire. Il nous raconte le chemin qu’il a parcouru pour réaliser son manga, mais également comment se passe la publication d’un manga et nous fait même part de conseils pour ceux qui aimeraient se faire publier.

Qu’est-ce qui vous a inspiré pour créer votre manga Everdark ?

Romain Lemaire : À la base, je suis fan de fantasy et dark fantasy et j’avais déjà un univers en tête que je travaillais depuis le lycée et qui s’est embelli au fil des années. Et par la suite, je suis allez voir des éditeurs et par un accord pour un premier projet, il faudrait que ce soit plus accessible pour les plus jeunes, mais également pour les moins jeunes, mais si on garde l’idée de base, c’est très dark fantasy un peu comme Berserk. Tout était déjà prêt, l’univers, le contexte et tout le laure de l’idée étaient déjà présents, il fallait juste retravailler afin de le rendre plus accessible.

Et en parlant de ses fameuses modifications, cela ne vous a pas dérangé de devoir justement apporter des changements ?

RL : Non ça va, j’arrive à mettre ce qui me tient à cœur dans le manga puis l’argument est justifié, c’est vrai que même si j’ai bossé sur Dreamland pendant 6 ans, les gens ne connaissent pas plus que ça (Everdark) donc si on voit que la première oeuvre d’un jeune auteur est quelque chose qui est accessible au niveau lectorat, mais que c’est des sujets un peu trop matures, ça doit être cohérent, même si au fur et à mesure qu’Everdark avance et se rapproche de la dark fantasy, il n’y aura jamais de violence gratuite et non justifiée. Mais non encore une fois, c’est un argument justifié donc ça ne me pose pas de problème.

Par rapport à l’écriture, la mise en page… combien de temps ça prend pour arriver d’un premier visuel à la version finale c.-à-d. en manga papier ?

RL : Pour commencer, il faut débuter par le story-board, par exemple, pour celui pour mon tome 4, j’ai lancé fin juin et mon rendu doit être pour fin août donc on me laisse plus ou moins 2 mois pour ça. Ensuite j’envoie à Pika et on peut déjà tout lire dedans, car y a toutes les bulles avec toutes les conversation donc ils peuvent avoir un premier visuel du tome dans son intégralité. Après si c’est validé, il peut y avoir des retours et là aussi on en discute si les remarques sont justifiées. Puis je passe à la séquence crayonnée, donc l’encrage et après le tramage même si ce n’est pas moi qui réalise ce dernier.

Comment vivez-vous la sortie de ce troisième tome pour Everdark ?

RL : Très heureux, car même si on est constamment en rush et qu’il arrive que parfois on fasse des petites coquilles, ce tome 3 en a eu très peu, mais sinon pour ce tome 3, je suis vraiment très content qu’il ait pu sortir à temps pour la Japan Expo. J’espère juste que les lecteurs l’apprécieront et on verra pour la suite, car je pense déjà au tome 4 et plus vraiment au tome 3.

En parlant de tome justement, vous savez déjà comment conclure votre histoire et combien de volume vous comtez faire ?

RL : Alors mon histoire est bonne, j’ai le début et la fin, je sais ou je vais dans l’ensemble même s’il est toujours bon de se garder une marge d’improvisation sur tout ce qui est narration secondaire, l’interaction avec certains personnages, bref ce sont des petits détails comme ça qu’il faut se garder une certaine marge d’impro. Mais tout est écrit et je sais ou je vais avec Everdark, après pour l’instant chez Pika, j’ai un contrat de 5 tomes, moi de mon côté, j’espère avoir mes ventes sur les trois premiers pour pouvoir l’emmener ou je veux. Après le nombre exact de tomes, c’est difficile à dire, car autant auteur ne saurait vraiment dire donc ça dépendra de certains facteurs.

Quels sont les conseils que vous donneriez à ceux qui voudraient se lancer ?

RL : Mon premier conseil serait de prendre de l’avance, car c’est vrai qu’il y a beaucoup de jeunes qui viennent nous voir et qui veulent être directement mangaka. Mais avant, il faut savoir si ce style de format, c’est à dire celui sur 200 pages, et si c’est le cas, alors faite des story-boards, car si vous ne faites pas ça, vous êtes déjà en retard, c’est la base obligatoire, car ça permet de savoir si vous faite une bonne histoire, si vous savez juste dessiné, faite illustrateur alors. Mon second conseil serait des faires pleins d’essais et de combinaisons, cela vous permettra de prendre de l’avance. Mon dernier conseil serait, soyez curieux, ne vous fermez pas à un domaine de prédilection, soyez curieux, lisez de tout, nourrissez votre inconscient et votre imagination, voilà.

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