Rappelez vous les mois de novembre et décembre derniers. A cette époque, la communauté vidéoludique était en pleine effervescence suite à l’utilisation des loot boxes d’EAdans le jeu Star Wars Battlefront 2. A ce moment-là, la polémique était grande et ce, à tel point que cela a alerté le monde politique. C’est ainsi que la Commission des jeux de hasard de la Belgique avait décidé d’ouvrir une enquête afin de déterminer si les loot boxes de certains jeux vidéos pouvaient être considérées comme « illégales ». Aujourd’hui, la commission vient de rendre son verdict : trois systèmes de loot boxes sont illégales. Plus d’informations ci-dessous.

La Belgique déclare que les loot boxes de trois jeux sont « illégales »

Les explications sont simples. Suite à la controverse des loot boxes qu’EA avait lancé fin 2017, la Commission des jeux de hasard belge avait décidé d’enquêter à ce sujet. Aujourd’hui, elle vient de rendre son verdict final et ce, via un communiqué de pressepublié sur le site officiel du Ministre de la Justice belge Koen Geens. Celle-ci s’est penchée sur le cas de quatre jeux  : Overwatch, Fifa 18, Counter-Strike : Global Offensive et Star Wars Battlefront 2. Et, le verdict est sans appel : la commission considère les loot boxes des trois premiers comme « contraires à la législation des jeux de hasard ». Plus précisément, voici ce qu’indique le communiqué :

Cette Commission a étudié quatre jeux vidéo : Star Wars Battlefront II, Overwatch, FIFA 18 en Counter Strike : Global Offensive. Ils font tous partie des jeux de type AAA, à savoir des jeux vidéo qui concernent des millions de personnes dans le monde, souvent conçus par de grands studios. Ces jeux sont liés à un système de classification propre (PEGI). Ce système évalue le contenu des jeux vidéo, mais n’évalue pas s’il est question de mises, de gains ou de pertes systématiques de sommes d’argent réel.

Toutefois, les développeurs utilisent de plus en plus souvent des systèmes qui incitent les joueurs à manier de l’argent réel une fois qu’ils ont acheté un jeu. La Commission des jeux de hasard a notamment examiné :

la perspective émotionnelle de profit : L’incertitude des lootboxes est liée à une perspective de profit. Un joueur peut penser que l’achat d’une lootbox lui apportera un avantage, ce qui n’est pas toujours le cas ;

le mélange entre fiction et réalité : De réels personnes connues font la promotion des lootboxes les plus onéreuses ;

l’utilisation d’un système de monnaies distinct : Les joueurs peuvent acheter des monnaies virtuelles pour une réelle somme d’argent ;

des méthodes visiblement illimitées afin de verser de l’argent sur le compte des joueurs ;

la dissimulation d’un générateur aléatoire ou à tout le moins, son opacité.

C’est donc clair, au regard de la législation belge, les systèmes sont illégaux. Ils sont, selon la Commission, d’autant plus problématique qu’ils dissimulent des jeux de hasard au sein de produits payants utilisés par des enfants. Les trois jeux sont ainsi illégaux et risquent, dès lors, une sanction pénale :

Les jeux incluant des lootboxes payantes qui ont été analysés, tels que ceux actuellement en vente dans notre pays, enfreignent dès lors la législation relative aux jeux de hasard et peuvent être attaqués sur le plan pénal. Les lootboxes doivent donc être supprimées, sans quoi les exploitants s’exposent à une peine de prison allant jusqu’à cinq ans et une amende pouvant atteindre 800.000 euros. Lorsque des mineurs sont impliqués, ces peines peuvent être doublées.

Enfin, si, pénalement parlant, une cessation des ventes des jeux dans le pays est techniquement possible, on voit mal la Belgique interdire purement et simplement la vente de ces jeux triple A sur le sol belge. Toutefois, n’ayez pas d’inquiétude, Koen Geens souhaite ouvrir un dialogue avec les différents acteurs du monde vidéoludique, en particulier les éditeurs. Le communiqué se termine de la manière suivante :

Le Ministre de la Justice Koen Geens souhaite donc entamer un dialogue dans les plus brefs délais, tant avec les concepteurs, les exploitants qu’avec la Commission des jeux de hasard. Ensemble, il est possible d’examiner qui doit prendre ses responsabilités à quel sujet. « Le mélange des jeux vidéo avec les jeux de hasard, surtout à un âge précoce, représente un danger pour la santé mentale. Nous avons déjà pris de nombreuse mesures visant à protéger tant les personnes mineures que les personnes majeures, notamment de l’influence des publicités faites aux jeux. C’est la raison pour laquelle nous devons également nous assurer que les enfants et les adultes ne soient pas confrontés à des jeux de hasard lorsqu’ils cherchent juste à s’amuser dans un jeu vidéo ».

Quoi qu’il en soit, pour l’instant, les éditeurs n’ont pas encore réagi par rapport à cette décision. Néanmoins, cela ne saurait tarder…

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