Fiche technique de Anthem:Notre avis sur Anthem

Éditeur : Electronic Arts
Développeur: BioWare
Date de sortie : 22 février 2019 sur PS4, Xbox One et PC
Type : Aventure/shooter
Multi : coop
Langue : français

Après une très longue période de développement, Anthem est enfin disponible, ou du moins pour les fervents adorateurs d’EA et BioWare prêts à payer un abonnement Origin ou EA Access pour mettre la main sur le soft quelques jours avant sa sortie officielle, programmée pour ce 22 février. Lorsque l’on pense à Anthem, on pense surtout au studio derrière sa création. Après un échec cuisant sur le retour de sa plus célèbre franchise avec Mass Effect: Andromeda, BioWare avait tout à prouver avec son nouveau né. Dès sa révélation en 2017, le jeu présentait des visuels très prometteurs, riches en détails. Mais cela n’empêchait pas les joueurs de rester sceptiques face à sa promesse d’un monde vaste et rempli d’activités.

Anthem possède néanmoins un concept assez unique. Son monde fictif fut créé de toute pièce avec une technologie utilisée par les « créateurs » et abandonnée dans le monde ouvert que le jeu nous offre. Cette technologie permet donc de façonner le monde et, bien entendu, représente un danger potentiel pour quiconque de mal intentionné voudrait s’en emparer. Pas de chance pour les Javelins bienveillants, un gros méchant fera rapidement son apparition lors de flashbacks offerts par l’un ou l’autre PNJ en guise de cinématiques d’introduction, et vous aurez très vite fait de courir après pour éviter qu’il ne rassemble tous les éléments pour la contrôler.

L'introduction d'Anthem est prometteuse

Un début prometteur

Dès le début de cette aventure, Anthem nous plonge dans une mise en scène incroyable. On se retrouve au beau milieu d’un cataclysme touchant de plein fouet l’environnement, ne laissant que chaos et obscurité sur son passage. La mission du Javelin que nous incarnons tourne alors au cauchemar et force l’escouade à se replier. S’en suit le retour à Fort Tarsis, le hub du jeu, qui symbolise aussi notre premier vrai coup d’oeil au QG de notre protagoniste. Le premier constat est là, Fort Taris ne ressemble déjà plus aux allées grouillant de monde présentées à l’E3 en 2017. D’emblée, nous passons d’une vue à la troisième personne à une vue subjective, ce qui est assez déroutant puisque celle-ci ne survient que dans le hub (étrange décision). Ceci dit, nous pourrions penser que cette démarche vise à favoriser l’immersion du joueur dans ce qui sera le lieu par lequel il faudra passer pour récolter les missions, personnaliser et améliorer son Javelin, ces exosquelettes imposants dans lesquels les hommes se pavanent dans le monde extérieur devenu hostile. Ce n’était pas faute d’avoir essayé, l’effet visé aurait effectivement pu plaire si Fort Tarsis ressemblait à ce que le studio nous avait promis il y a deux ans, sauf que ces mêmes allées sont maintenant très vides, habitées par l’un ou l’autre PNJ placés de manière très éparse. Lors de la découverte des lieux, on se plait à regarder à droite, à gauche, à découvrir ce à quoi peuvent bien servir ces PNJ et même récolter l’une ou l’autre relique pouvant apporter un peu plus de substance au scénario sauf qu’après plusieurs dizaines d’allers-retours, on se rend vite compte des ambitions stoppées nettes des développeurs pour des raisons obscures. Dialoguer avec les habitants de Fort Tarsis La personnalisation de Javelin dans Anthemest en effet peu intéressant. Leurs discours ne se résument qu’à de petites anecdotes que deux voisines de village peuvent s’échanger, agrémenter de temps à autre par un choix s’offrant aux joueurs entre deux possibilités de dialogues qui n’aboutissent à aucune conséquence vis-à-vis de leur relation avec le personnage du joueur (appelé Freelancer dans le jeu). Leur seule utilité, outre le fait de distribuer de façon assez passive des missions annexes et principales en ce qui concerne les rares personnages principaux, sera de proposer des éléments de customisation ou des ressources assez chères que pour pousser le joueur à investir du vrai argent dans le jeu pour ne pas perdre des dizaines d’heures de jeu pour obtenir une pièce d’armure purement esthétique.

Un monde sans micro-transactions, vraiment?

Personnaliser votre Javelin est une partie agréable de Anthem, mais ô combien accessoire. Il sera possible de changer la couleur des parties d’armure, y apposer des vinyles (on soulignera le clin d’œil glissé aux fans de Mass Effect avec le vinyle N7) ou en changer la texture. Ceci dit, cette dernière possibilité n’affectera pas vraiment l’esthétique du Javelin, et l’on remet forcément en doute l’intégration d’un tel paramètre. Par ailleurs, réaliser des missions dans le monde d’Anthem permettra d’acquérir de l’argent ou des matériaux nécessaires à la fabrication ou le financement d’une partie d’armure destinée à changer drastiquement le look du Javelin. Néanmoins, ces possibilités restent malgré tout limitées et on regrettera l’absence totale d’un système RPG dans lequel le look du personnage évolue avec le système de leveling mis en place. Au final, on peut affirmer que l’avancement dans la campagne n’a pas réellement d’impact sur l’allure du Javelin.

La personnalisation d'Anthem est assez limitéeUn aperçu de l’avenir du jeu vidéo

Lorsque l’on pointe du doigt la direction artistique de Anthem, nous pouvons clairement affirmer qu’il s’agit d’un des plus beaux open-world jamais réalisés. Le jeu ne délivre pas une map immense, mais son level design se suffit à lui-même. Dès que l’on part en exploration libre ou en mission, on se surprend bien souvent à contempler les décors et l’incroyable verticalité du tout. Le soft propose un monde très vivant, cohérent et prouve que BioWare possède un grand savoir-faire dans sa maîtrise de la modélisation d’éléments et des jeux de lumière. On y aperçoit de petites créatures (ennemies ou non) joncher le sol, des monstres volantes rôder au loin sous un soleil couchant d’un orange intense… Y contrôler son Javelin grâce à son système de vol à la Iron Man renforce ce sentiment de liberté dans un monde totalement sauvage. Au bout d’une petite heure de jeu, on apprend rapidement à maîtriser le vol de l’engin, ce qui permet enfin d’explorer à sa guise grottes, chutes d’eau et pics rocheux. Jusqu’ici, presque aucun jeu ne nous aura procuré de si bonnes sensations d’exploration. Testé sur Xbox One X en 4K natifs, il va de soi que le rendu sera d’office supérieur sur des cartes graphiques de dernière génération comme la RTX 2080 Ti de chez Nvidia. Nous avons devant nos yeux un parfait exemple de ce que pourrait être le jeu vidéo de demain, une vision qui possède malheureusement une face cachée qui nous effraie malgré tout…

Le monde d'Anthem est resplendissantRéaliser des missions dans Anthem est un régal visuel. Ça explose dans tous les sens, les effets de particules sont soignés et on assiste souvent à un véritable feu d’artifice très coloré. Facile à prendre en main, les Javelins offrent de bonnes sensations de puissance face à des dizaines d’ennemis qui n’attendent qu’à se faire démolir sous les coups de feu d’armes diverses. Malheureusement, c’est précisément sur ce point précis qu’Anthem, aussi prometteur qu’il fût, trébuche. Après plusieurs heures écoulées sur le jeu et en outrepassant l’exaltation visuelle, nous nous sommes surpris à penser de plus en plus au fait que les activités proposées n’étaient finalement pas si variées. Au bout d’un moment, le décor enchanteur ne suffit plus et le constat est navrant: Anthem devient ennuyeux.

Ca sonne creux

D’une part, nous avons le scénario qui commençait de plus belle. Après en avoir gratté la surface avec de belles cinématiques introductives, celui-ci passe très vite au second plan avec des objectifs qui ne le font plus avancer comme on le souhaiterait. Les objectifs sont souvent les mêmes. On doit se rendre à un point, éliminer des ennemis, avancer vers le point suivant, tuer des ennemis et de temps à autre actionner un petit mécanisme par la simple pression d’une touche. La redondance est le maître mot de ces petites quêtes prétextées par l’une ou l’autre découverte à peine expliquées à l’aide de discussions inintéressantes. Il est dommage de pointer du doigt le fait que énormément de bonnes idées n’ont pas abouti, ne se résumant qu’à des mises en situation sans fond. On nous plaque donc l’histoire du jeu sur une toile blanche sans vraiment pouvoir en creuser la surface pour obtenir des intrigues, garder une part de mystères ou encore un côté mythique proéminent sur l’ensemble des activités et des personnages principaux.

Anthem ne propose pas des missions très variées
Le concept d’Anthem reposait d’autre part sur le loot, ces récompenses obtenues en fin de mission ou activité. Celles-ci existent et se présentent souvent sur la forme d’armes ou d’améliorations pour le Javelin. Ici encore, on se retrouve à jongler avec des armes qui ne diffèrent que très peu au sein de la même classe si ce n’est pas leurs statistiques et leur niveau de rareté. Jamais une seule fois nous ne sommes tombés sur une arme au look valorisant ou délivrant des specs très particulières. On a clairement l’impression que le jeu recycle les armes de début de jeu en leur appliquant un petit skin après réglages des statistiques, revues à la hausse. 

Anthem est donc un jeu au monde ouvert très vivant, florissant et rempli d’éléments qui pourraient clairement faire l’objet d’une histoire étoffée. Néanmoins, il semblerait que d’innombrables éléments laissent des portes ouvertes inexplorées par BioWare. Quelques années de travail en plus auraient peut-être pu permettre aux développeurs de nous livrer un véritable contenu de fond un peu à la manière des premiers Mass Effect dont les trames narratives à ramifications étaient une aubaine pour les joueurs en quête d’aventures durables. On pourrait également se dire qu’en reprenant un gameplay similaire à The Division tout en y apposant un lore aussi riche que celui de Destiny pourrait faire d’Anthem un jeu historique. Hélas, le jeu ne se contente que de puiser maladroitement des idées de ces exemples pour n’en faire qu’une bouillie amère adoucie par un level design au top niveau.

Points positifs:

  • Un monde ouvert somptueux et au level-design très avancé
  • Les contrôle du Javelin sont intuitifs
  • Les combats délivrent de bonnes sensations
  • Les nombreuses façons d’obtenir du loot

Points négatifs:

  • La coopération n’est pas synonyme de travail d’équipe
  • Le rythme très lent du scénario et son manque de profondeur
  • Fort Tarsis très ennuyeux au bout d’un temps
  • Des temps de chargements trop nombreux et parfois longs
  • Un bestiaire et un arsenal très limités
  • Une customisation très sommaire et couteuse du Javelin
  • Des performances en baisse sur PS4 et Xbox One S par rapport aux PS4 Pro et One X

SITE OFFICIEL DE ANTHEM


APERÇU DE REVUE
NOTE GLOBALE
6,5
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Fan des jeux vidéo depuis la première Playstation, et plus particulièrement depuis la sortie de Metal Gear Solid 1, j'ai maintenant décidé d'être un acteur à part entière de ce monde fascinant des jeux vidéo en créant 4WeAreGamers.

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